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Syllogomanie ou le syndrome de l’accumulation compulsive

Syllogomanie ou le syndrome de l’accumulation compulsive

La syllogomanie, qui signifie étymologiquement « un goût immodéré pour l’accumulation« , est une pathologie de type trouble obsessionnel compulsif (rentrant dans la classification américaine du DSM5, un manuel de référence des troubles mentaux) qui se traduit par une accumulation pathologique d’objets. Une personne atteinte de syllogomanie va ressentir un fort besoin d’obtenir, et de conserver un grand nombre d’objets, peu-importe leur nature. Il est impossible pour cette personne de jeter ou de se séparer de ses objets, même s’ils sont défectueux, dangereux, ou n’ont aucun intérêt. Très vite, son espace de vie se retrouve envahi et il devient difficile d’évoluer dans cet environnement.

Bien définir la syllogomanie

L’origine exacte de la syllogomanie reste, à ce jour, encore floue. Les spécialistes ont du mal à définir s’il s’agit complètement d’une maladie ou non. Néanmoins, nous sommes en mesure de comprendre comment la syllogomanie apparaît, et qu’est ce qui en est la cause. On peut reconnaître un individu souffrant de syllogomanie en identifiant correctement ses comportements :

  • Incapacité totale à se débarrasser d’un objet même si le sujet n’en porte aucun réel intérêt. Rien que le fait d’évoquer que l’objet puisse quitter l’environnement du sujet, lui génère de l’angoisse et de la souffrance.
  • Accumulation d’objets en tout genre avec une démarche plus ou moins forte de se procurer de nouveaux objets.
  • Les espaces de vies sont encombrés par ces objets jusqu’à que celui-ci ne soit plus reconnaissable. La présence d’un passage dégagé résulte de l’intervention d’un tiers.
  • L’environnement dans lequel évolue le sujet ne répond plus à sa fonction première. Il devient obsolète et peut se révéler dangereux.
  • La situation persiste dans le temps.
  • Le sujet ne présente pas de maladie mentale.
  • La vie sociale est altérée et s’accompagne d’une forte souffrance psychologique (ndlr : cet article pourrait vus intéresser État psychologique après un décès).

Il faut bien identifier les symptômes et leurs champs d’actions afin de ne pas confondre syllogomanie avec le syndrome de diogène ou l’incurie. Ces deux autres pathologies peuvent entraîner des troubles du comportement similaires à la syllogomanie, mais qui sont généralement accompagnés de facteurs exclusifs. Si vous voulez en savoir plus, jetez un coup d’œil à www.syndrome-diogene.fr.

Comprendre les comportements

Il faut distinguer deux types de syllogomanie. La syllogomanie organique, provient de la dépression, de l’alcoolisme, ou d’une dégénérescence du lobe front temporal (DLFT). Un individu dans ce cas-là ne se rend pas compte de sa situation, ne cherche pas à la faire évoluer, et n’est pas du tout affecté par l’image qu’il renvoie. Il est très éloigné des normes sociales.

Dans le cas de la syllogomanie inorganique, l’individu a conscience de sa situation et se rend bien compte que son comportement lui nuit. Pourtant, il lui est impossible de se débarrasser des objets qu’il accumule, cela lui demanderait un effort physique et mental insoutenable.
Ainsi, même s’il souffre de son état, il va continuer à saturer son environnement, et tentera de le dissimuler aux autres. Il ressent une grande honte qui peut le pousser à se refermer sur lui-même, s’exposant à d’autres troubles psychologiques.

Dans les deux cas, la syllogomanie est très souvent un trouble apparaissant à cause d’un traumatisme ou d’un désordre psychologique. L’accumulation d’objets est pour le sujet, un moyen de se protéger de quelque chose qu’il ne veut pas affronter, comme la perte d’une personne qui occupait une grande place dans sa vie. Le désordre devient sa nouvelle zone de confort et le cerveau va considérer ça comme sa propre norme.
On remarque que généralement, le profil des personnes atteintes par la syllogomanie se définit par un certain perfectionnisme, une difficulté à prendre des décisions et à passer à l’action, un manque d’organisation et une tendance à la distraction et à la procrastination. Évidemment, ce n’est pas parce que vous rentrez dans ce profil, que vous êtes atteint. Ce sont juste des caractéristiques fréquemment relevées chez les personnes atteintes.

Lutter contre la syllogomanie

La syllogomanie entraîne de lourdes conséquences pour l’individu. La première est l’isolement social du fait d’évoluer dans un environnement à l’opposé des codes sociaux qui définissent un « bon habitat ». Cet isolement est suivi par un repli sur soit générant une forte souffrance pouvant déboucher sur une lourde dépression.
Aussi, l’habitat saturé d’objets devient compliqué à entretenir et peut subir des dégâts qui vont nuire encore + à la qualité de vie de l’individu, voir même entraîner une expulsion par le propriétaire. L’hygiène devient également une problématique.

Ainsi, pour s’en sortir, le sujet atteint a besoin de l’intervention d’un proche. Il doit d’abord prendre conscience de son état, et ressentir l’envie de changer. Ce n’est qu’ensuite qu’une thérapie cognitive et comportementale peut avoir lieu. La thérapie peut être accompagnée d’un traitement médical de type anti-dépresseurs, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Il faut aussi en parallèle, trouver un moyen de remettre à neuf l’environnement du sujet, sans son intervention.