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Les normes de traitement de l’air dans un bloc opératoire

Les normes de traitement de l’air dans un bloc opératoire

Le traitement de l’air est indispensable en milieu hospitalier notamment au sein des blocs opératoires. L’air constitue en effet un important vecteur de contamination dans cet espace à haut risque d’infections. C’est pourquoi traiter convenablement l’air permet d’éviter la contamination aéroportée du personnel médical et des patients. Voyons ensemble les normes qui régissent le traitement d’air dans un bloc opératoire.

Les normes NFS et ISO

À l’instar des produits de airinnovationindustrie.fr/, les solutions de traitement d’air au sein d’un bloc opératoire doivent respecter deux normes. Il s’agit des normes NFS 90-351 et EN ISO 14644-4. La norme NFS 90-351 concerne les règles de maîtrise de la contamination aéroportée en milieu hospitalier notamment au bloc opératoire. Elle définit les différentes zones d’un bloc selon le niveau de risque et les moyens de traitement d’air appropriés. Selon le niveau de risques d’une zone, il existe en effet un flux d’air spécifique et le taux de brassage approprié. Le tableau ci-dessous présente la classification des différentes zones à risque d’infection dans un bloc opératoire.

Performances à atteindre Moyens
Type de zone Classe particulaire Cinétique de décontamination particulaire Classe bactériologique Type de flux d’air Taux de brassage de la salle
Zone de niveau 4 ISO 5 CP 10 B 10 Flux unidirectionnel >50 v/h
Zone de niveau 3 ISO 7 CP 20 B 10 Flux unidirectionnel ou non unidirectionnel Entre 25 et 30 v/h
Zone à risque de niveau 2 ISO 8 CP 20 B 100 Flux non unidirectionnel Entre 15 et 20 v/h

Les zones de niveau 4 sont des espaces à très haut risque infectieux. Les zones de niveau 3, quant à elles, présentent un risque d’infection moyen. Les blocs opératoires et aseptiques ainsi que les salles de traitement font partie des zones de niveaux 3 et 4. Les flux unidirectionnels permettent par exemple d’encadrer le brassage d’air dans le bloc. Cela limite ainsi l’expansion de la contamination à une échelle supérieure.

En dehors de la NFS 90-351, la norme EN ISO 14644-1 aborde d’autres exigences de traitement d’air au bloc opératoire. Comme présenté dans le tableau de classification ci-dessus, il s’agit en effet des classes particulaires et bactériologiques ainsi que des cinétiques de décontamination.

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Le Code du travail

Selon le Code du travail (CT), le renouvellement d’air dans un bloc opératoire doit assurer une atmosphère propre. Cela permet de préserver la santé des travailleurs, limiter les fortes températures et les odeurs désagréables dans la salle d’intervention. Le CT définit par ailleurs deux types de locaux à risques infectieux dans un hôpital. Le bloc opératoire fait partie des locaux à pollution spécifique. Cet espace est en effet reconnu comme émettant des substances nocives sous différentes formes : solide, liquide ou gazeuse. Elles peuvent favoriser l’installation de microorganismes pathogènes. Indépendamment de la nature du local, la réglementation sanitaire départementale (RSD) recommande une ventilation obligatoire au sein d’un bloc opératoire.

Le Code du travail impose des spécificités en matière de traitement de l’air au sein des locaux à pollution spécifique. D’abord, une prise d’air neuf située au moins à huit mètres de la source de pollution est obligatoire dans le bloc. Cet apport d’air doit être d’au moins 15 volumes par heure dans chaque salle. Il est de 50 m3 l’heure pour chaque occupant. La ventilation ainsi que le débit d’air sont déterminés selon le type de pollution et la quantité des polluants. Pour une aération par ventilation mécanique, le débit minimal d’air neuf minimal à introduire par occupant est de 60 m3/heure.

Les débits d’air sont par ailleurs obligatoirement supérieurs à ceux fournis dans les locaux à pollution non spécifique. Un système de filtration de l’air doit également être mis en place dans le bloc opératoire. Le transfert d’air entre des espaces de différents niveaux de pollution est proscrit. L’air provenant du bloc opératoire ne peut donc pas être redistribué dans les chambres des patients.

Les mesures organisationnelles et comportementales

En dehors des normes réglementaires, l’efficacité d’un bloc opératoire dépend du respect de règles organisationnelles et des comportements associés. Les mesures organisationnelles concernent le fonctionnement, les protocoles à respecter ainsi que les règles d’hygiène au sein du bloc. Ces différents principes sont inscrits dans la Charte de fonctionnement du bloc. En cas de dysfonctionnement ou de non-respect des règles, la Charte prévoit également les dispositions à prendre. Par ailleurs, en dehors de l’acte opératoire, certaines actions sont mises en œuvre. Soulignons notamment : la planification, la programmation, la supervision et les démarches de suivi du patient opéré.

Bien que le respect des règles de discipline soit difficile, la charte de fonctionnement en fait une obligation. Les mesures comportementales concernent notamment la tenue adaptée à chaque zone du bloc. En ce qui concerne les blouses médicales par exemple, il est conseillé de les choisir auprès de distributeurs multimarques.

L’habillement comprend également la cagoule, le pyjama en non-tissé et le masque à changer par ailleurs toutes les 3 heures. Le personnel médical doit adopter une bonne discipline des solutions hydroalcooliques et éviter les douches préopératoires. Il est indispensable d’éviter les déplacements en salle d’opération et au cours d’une intervention chirurgicale. Cela réduit la mobilité des particules pendant l’acte chirurgical et maintient également la surpression de la salle. Le nombre de personnes en salle doit notamment être limité au strict nécessaire pour éviter l’augmentation du taux de microorganismes vivants. De même, les allers-retours entre circuits sale et propre lors d’une intervention doivent être évités.

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