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Maladies transmissibles lors dune fellation, fellation, cunnilingus ou anulingus

Maladies transmissibles lors dune fellation, fellation, cunnilingus ou anulingus

Les pratiques sexuelles orales sont souvent associées à une image de moindre risque que les rapports vaginaux ou anaux. Pourtant, elles peuvent être le vecteur de nombreuses infections sexuellement transmissibles (IST), parfois silencieuses, parfois graves, qui se propagent sans même qu’il y ait pénétration ou éjaculation. Fellation, cunnilingus et anulingus impliquent toutes un contact direct entre muqueuses, sécrétions et parfois sang, offrant aux virus, bactéries et parasites une voie d’entrée vers l’organisme. Dans un contexte où les cas de syphilis, d’herpès ou encore de papillomavirus augmentent en Europe selon Santé publique France et l’ECDC, connaître les risques réels de ces pratiques est un levier essentiel pour préserver sa santé sexuelle. Cet article propose un panorama détaillé des maladies transmissibles par le sexe oral, leur gravité, leurs symptômes, et les moyens de les dépister et de les traiter.

En résumé

Toutes les pratiques sexuelles orales comportent un risque infectieux, mais elles ne s’équivalent pas en termes de probabilité de transmission, de gravité potentielle ou de diversité des agents pathogènes.
La nature des muqueuses impliquées, la présence éventuelle de micro-lésions, le type de sécrétions en contact et le mode de transmission des agents infectieux influencent considérablement ce risque.

L’anulingus, la pratique la plus à risque

Parmi les trois pratiques, l’anulingus est généralement considéré comme la plus risquée sur le plan infectieux. Le contact direct avec la flore fécale et la muqueuse anale expose à une large variété d’agents pathogènes : virus, bactéries et parasites.

Cette pratique est particulièrement associée à la transmission de maladies gastro-intestinales comme la shigellose ou la salmonellose, de parasites intestinaux, ainsi qu’à des infections virales graves telles que l’hépatite A et l’hépatite B.

La probabilité de contamination est plus élevée qu’avec les deux autres pratiques, car il suffit parfois d’une quantité infime d’agent pathogène pour provoquer une infection. Certaines maladies (comme l’hépatite A) se transmettent presque exclusivement par voie oro-fécale, rendant l’anulingus particulièrement propice à leur diffusion.

La fellation, un risque intermédiaire mais non négligeable

La fellation comporte un risque infectieux modéré à élevé, principalement en raison du contact direct avec les sécrétions séminales et les muqueuses génitales. Elle expose à des infections sexuellement transmissibles parfois graves comme le VIH, la syphilis ou l’hépatite B, ainsi qu’à des infections bactériennes comme la gonorrhée ou la chlamydia.

Même si la transmission du VIH par cette voie reste rare, elle devient possible en présence de plaies buccales ou de saignements. Le risque global dépend aussi de la charge virale du partenaire et de l’absence ou non de protection (préservatif). La diversité des agents transmissibles et leur potentiel de gravité placent la fellation à un niveau de risque intermédiaire, parfois sous-estimé.

Le cunnilingus, la pratique la moins risquée

Par comparaison, le cunnilingus est considéré comme la pratique la moins risquée, bien qu’il ne soit pas dénué de danger. Le risque de transmission du VIH est très faible et reste surtout théorique.

Les infections les plus fréquemment liées au cunnilingus sont le HPV, l’herpès et la syphilis, souvent transmissibles même en l’absence de symptômes visibles.
Le principal risque spécifique à cette pratique concerne les infections à papillomavirus, qui peuvent provoquer des lésions précancéreuses ou des cancers oropharyngés après une longue période de latence. Si le risque de contracter une infection est moins fréquent que dans les deux autres pratiques, la gravité potentielle de certaines complications (notamment cancéreuses) ne doit pas être négligée.

Maladie Pratique concernée Conséquences sur la santé Dépistage Symptômes principaux Temps avant apparition des premiers symptômes
VIH Fellation, Cunnilingus, Anulingus Graves Test sérologique ELISA, test rapide (TROD) Fièvre, ganglions, fatigue, infections opportunistes 2 à 4 semaines
Syphilis Fellation, Cunnilingus, Anulingus Graves Sérologie (VDRL, TPHA) Chancre indolore, éruptions cutanées, fièvre, atteinte neurologique ~3 semaines
Gonorrhée Fellation, Cunnilingus Moyennes à graves Prélèvement pharyngé + culture ou PCR Maux de gorge, douleur à la déglutition, fièvre, souvent asymptomatique 2 à 7 jours
Chlamydia Fellation, Cunnilingus Moyennes Prélèvement pharyngé + PCR Irritation, douleur à la gorge, ganglions cervicaux, souvent asymptomatique 7 à 21 jours
Herpès (HSV-1/2) Fellation, Cunnilingus, Anulingus Moyennes Examen clinique, PCR sur lésions Cloques douloureuses, ulcérations, fièvre, récurrences 2 à 12 jours
Papillomavirus (HPV) Cunnilingus Moyennes à graves Examen clinique, biopsie, test moléculaire Verrues buccales, lésions précancéreuses, cancers oropharyngés Mois à années
Hépatite A Anulingus Moyennes à graves Sérologie (anticorps anti-HAV) Fatigue, nausées, ictère, fièvre 2 à 6 semaines
Hépatite B Fellation, Anulingus Graves Sérologie (Ag HBs, Ac anti-HBc) Fatigue, nausées, ictère, complications hépatiques 1 à 4 mois
Parasitoses intestinales Anulingus Légères à moyennes Analyse de selles, test du scotch Démangeaisons anales, diarrhées, douleurs abdominales, perte de poids 1 à 4 semaines
Shigellose Anulingus Moyennes à graves Coproculture (analyse de selles) Diarrhées sanglantes, fièvre, douleurs abdominales 1 à 3 jours
Salmonellose Anulingus Légères à moyennes Coproculture Diarrhées, fièvre, douleurs abdominales, nausées, vomissements 6 à 72 heures

 

Peut-on attraper ces maladies en embrassant ou en buvant dans le même verre ?

La majorité des infections évoquées — VIH, syphilis, gonorrhée, chlamydia, hépatite A et B, salmonellose, shigellose, parasitoses intestinales — nécessitent un contact direct avec des muqueuses génitales, anales ou des sécrétions sexuelles, ou encore une voie de transmission oro-fécale spécifique.
Un simple baiser sur la bouche ou le fait de boire dans le même verre ne permettent donc pas leur transmission.

Même le VIH, virus souvent redouté, ne se transmet ni par la salive, ni par les baisers, ni par le partage d’ustensiles. La concentration virale y est trop faible pour provoquer une infection.

Quelques exceptions notables

Il existe toutefois des exceptions rares, qui concernent essentiellement des virus ou bactéries capables de se propager par la salive ou par des lésions buccales :

  • Herpès (HSV-1) : c’est l’exception la plus fréquente. Il se transmet très facilement par la salive, y compris lors d’un simple baiser, même sans lésion visible. C’est pourquoi il est souvent contracté dans l’enfance ou l’adolescence.

  • Herpès (HSV-2) : généralement génital, il peut aussi être transmis par la bouche s’il y a des plaies ou des vésicules et un contact rapproché.

  • Papillomavirus (HPV) : la transmission par un baiser est considérée comme possible mais très rare. Elle nécessiterait un contact prolongé et la présence de micro-lésions.

  • Hépatite B : la transmission par la salive seule est extrêmement improbable, mais elle pourrait survenir en cas de plaies buccales ouvertes et d’échanges de salive abondants.

  • Parasitoses intestinales : elles ne se transmettent pas par un simple baiser, mais une mauvaise hygiène des mains peut favoriser leur transmission indirecte si des œufs microscopiques sont présents.

Concernant les bactéries comme la gonorrhée ou la chlamydia, leur transmission par la salive ou un verre est considérée comme quasi inexistante, car elles ont besoin de conditions spécifiques pour survivre et infecter l’organisme.

6 maladies que l’on peut attraper en faisant une fellation

VIH

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) s’attaque aux cellules du système immunitaire, affaiblissant progressivement les défenses naturelles de l’organisme. La transmission lors d’une fellation est peu fréquente, mais elle devient possible en cas de lésions buccales, d’ulcérations ou de saignements. L’infection débute souvent de façon silencieuse ou par un tableau proche d’un syndrome grippal : fièvre, ganglions gonflés, fatigue marquée. Après cette phase initiale, le virus entre dans une période de latence pouvant durer plusieurs années tout en continuant à endommager le système immunitaire. Sans prise en charge, il évolue vers le sida, stade avancé caractérisé par des infections opportunistes graves.

Le délai d’incubation est d’environ 2 à 4 semaines pour la phase aiguë. Le dépistage s’effectue par test sérologique ELISA ou par test rapide TROD, capables de détecter anticorps et antigènes. Un traitement antirétroviral précoce permet aujourd’hui de contrôler efficacement l’infection et d’offrir une espérance de vie quasi normale.

Syphilis

La syphilis est une infection bactérienne provoquée par Treponema pallidum. Elle se transmet lors d’une fellation par contact direct avec un chancre, petite lésion indolore présente sur le pénis ou dans la bouche. La maladie évolue en plusieurs stades. La phase primaire débute environ 3 semaines après l’exposition avec l’apparition du chancre. La phase secondaire apparaît quelques semaines plus tard, marquée par des éruptions cutanées, de la fièvre et un gonflement des ganglions. Sans traitement, la syphilis peut entrer dans une phase de latence, parfois pendant plusieurs années, et progresser vers une forme tertiaire touchant le cœur, le cerveau ou le système nerveux.

Le diagnostic repose sur des tests sanguins sérologiques (VDRL, TPHA). L’infection se traite efficacement avec de la pénicilline G, particulièrement lorsqu’elle est détectée précocement.

Gonorrhée

La gonorrhée, causée par Neisseria gonorrhoeae, peut infecter la gorge après une fellation. Beaucoup de personnes infectées ne présentent aucun symptôme, favorisant ainsi la transmission. Lorsqu’ils apparaissent, les signes sont ceux d’une pharyngite : maux de gorge, difficulté à avaler, parfois fièvre. L’infection peut également se propager à d’autres zones du corps, notamment aux articulations, si elle n’est pas traitée.

Les symptômes apparaissent généralement entre 2 et 7 jours après l’exposition. Le diagnostic repose sur un prélèvement pharyngé et l’analyse en laboratoire par culture ou amplification génique (PCR). La prise en charge consiste en un traitement antibiotique, souvent à base de ceftriaxone.

Chlamydia

Chlamydia trachomatis est une bactérie responsable d’infections pouvant toucher la gorge après une fellation. La majorité des cas sont asymptomatiques. Quand des signes apparaissent, ils sont souvent discrets : irritation pharyngée, douleur à la déglutition, ganglions cervicaux. Non traitée, l’infection peut se propager à d’autres zones de l’organisme et entraîner des complications, notamment au niveau génital ou articulaire.

Le délai d’incubation est de 7 à 21 jours. Le dépistage repose sur un test PCR réalisé sur un prélèvement pharyngé. Le traitement est antibiotique, généralement à base d’azithromycine ou de doxycycline.

Herpès

L’herpès est causé par les virus HSV-1 ou HSV-2. Il se transmet même en l’absence de lésions visibles. Après une fellation, il se manifeste souvent par des cloques douloureuses ou des ulcérations dans la bouche ou la gorge, accompagnées de fièvre, fatigue et ganglions. Une fois contracté, le virus reste présent à vie dans l’organisme et provoque des récurrences, souvent moins sévères que l’épisode initial.

L’incubation varie de 2 à 12 jours. Le diagnostic repose sur l’observation clinique, parfois complétée par un test PCR sur un échantillon prélevé sur les lésions. Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir) permettent de réduire la durée et l’intensité des poussées mais ne guérissent pas l’infection.

Hépatite B

L’hépatite B est une infection virale du foie causée par HBV. Elle peut se transmettre lors d’une fellation si la muqueuse buccale est abîmée. La forme aiguë provoque de la fièvre, une grande fatigue, des nausées et un jaunissement de la peau et des yeux (ictère). Dans environ 10 % des cas chez l’adulte, l’infection devient chronique, augmentant le risque de cirrhose ou de cancer hépatique.

Les symptômes apparaissent généralement entre 1 et 4 mois après l’exposition. Le diagnostic repose sur des analyses sanguines détectant les antigènes et anticorps spécifiques. Le traitement est principalement symptomatique dans la phase aiguë, tandis que les formes chroniques nécessitent un suivi et des antiviraux au long cours.

Tableau récapitulatif – Maladies associées à la fellation

Maladie Conséquences sur la santé Symptômes principaux Temps avant apparition des premiers symptômes Traitement principal
VIH Graves Fièvre, ganglions, fatigue, infections opportunistes 2 à 4 semaines Antirétroviraux à vie
Syphilis Graves Chancre indolore, éruptions, fièvre, atteinte neurologique ~3 semaines Pénicilline G
Gonorrhée Moyennes à graves Maux de gorge, douleur, fièvre, parfois asymptomatique 2 à 7 jours Antibiotiques (ceftriaxone)
Chlamydia Moyennes Douleur à la gorge, ganglions, irritation, souvent asymptomatique 7 à 21 jours Antibiotiques (azithromycine, doxycycline)
Herpès Moyennes Cloques, ulcérations, fièvre, récurrences 2 à 12 jours Antiviraux (aciclovir, valaciclovir)
Hépatite B Graves Fièvre, fatigue, nausées, ictère, complications hépatiques 1 à 4 mois Antiviraux ou traitement symptomatique

 

6 maladies que l’on peut attraper en faisant un cunnilingus

Papillomavirus humain (HPV)

Le papillomavirus humain (HPV) est un virus très fréquent transmis par contact direct entre muqueuses. Lors d’un cunnilingus, certains génotypes peuvent infecter la bouche et la gorge. L’infection est souvent silencieuse, mais dans certains cas, elle provoque des verrues (papillomes) sur la muqueuse orale ou pharyngée. À long terme, certaines souches à haut risque sont impliquées dans le développement de cancers oropharyngés, notamment chez les hommes.

Le virus peut rester latent pendant des années avant que des symptômes apparaissent. Aucune incubation précise n’est définie, mais les signes éventuels surviennent souvent plusieurs mois après l’infection. Le diagnostic repose sur un examen clinique, complété parfois par une biopsie ou un test de dépistage moléculaire. Il n’existe pas de traitement spécifique contre le HPV lui-même ; on traite les lésions (laser, chirurgie, cryothérapie) et on mise sur la prévention par la vaccination.

Herpès

L’herpès génital causé par HSV-2 (ou HSV-1) se transmet facilement lors d’un cunnilingus, même sans lésions visibles. Après l’infection, de petites vésicules douloureuses apparaissent sur la muqueuse buccale, accompagnées parfois de fièvre et de ganglions. Le virus reste latent dans l’organisme et peut provoquer des récurrences, souvent moins sévères.

L’incubation est comprise entre 2 et 12 jours. Le diagnostic repose sur l’observation clinique et peut être confirmé par un test PCR sur les lésions. Le traitement repose sur les antiviraux (aciclovir, valaciclovir), qui réduisent la durée des poussées mais ne permettent pas d’éliminer le virus.

Syphilis

Comme pour la fellation, la syphilis peut se transmettre lors d’un cunnilingus par contact direct avec un chancre sur les muqueuses génitales. La phase primaire survient environ 3 semaines après l’exposition avec l’apparition d’un chancre indolore, suivie d’une phase secondaire comportant éruptions, fièvre et ganglions. Sans traitement, elle peut évoluer vers des complications graves neurologiques ou cardiovasculaires.

Le diagnostic repose sur des tests sanguins sérologiques (VDRL, TPHA). Le traitement de référence reste la pénicilline G, très efficace lorsqu’elle est administrée rapidement.

Gonorrhée

Neisseria gonorrhoeae peut infecter la gorge après un cunnilingus. L’infection est souvent asymptomatique, mais elle peut provoquer des maux de gorge, une douleur à la déglutition et parfois une fièvre légère. Si elle n’est pas traitée, elle peut se propager vers d’autres organes.

L’incubation varie entre 2 et 7 jours. Le diagnostic repose sur un prélèvement pharyngé analysé par culture ou par PCR. Le traitement consiste en une injection d’antibiotiques (ceftriaxone).

Chlamydia

La chlamydia est rare dans la gorge mais possible après un cunnilingus. Elle se manifeste parfois par une irritation pharyngée, une douleur à la déglutition et des ganglions cervicaux. Elle est souvent silencieuse, ce qui favorise sa transmission.

L’incubation se situe entre 7 et 21 jours. Le diagnostic repose sur un test PCR à partir d’un prélèvement pharyngé. Le traitement repose sur des antibiotiques, généralement l’azithromycine ou la doxycycline.

VIH

La transmission du VIH lors d’un cunnilingus est rare, mais elle reste possible si la muqueuse buccale présente des lésions ou si la charge virale du partenaire est élevée. L’infection débute souvent par un syndrome pseudo-grippal (fièvre, ganglions, fatigue) entre 2 et 4 semaines après l’exposition. Sans traitement, le virus affaiblit progressivement le système immunitaire et peut évoluer vers le sida.

Le diagnostic repose sur un test sérologique ELISA ou un test rapide TROD. Le traitement repose sur les antirétroviraux, pris à vie, qui contrôlent efficacement la réplication virale.

Tableau récapitulatif – Maladies associées au cunnilingus

Maladie Conséquences sur la santé Symptômes principaux Temps avant apparition des premiers symptômes Traitement principal
HPV Moyennes à graves Verrues, lésions précancéreuses, cancers oropharyngés Mois à années Traitement des lésions, vaccination
Herpès Moyennes Vésicules, ulcérations, fièvre, récurrences 2 à 12 jours Antiviraux (aciclovir, valaciclovir)
Syphilis Graves Chancre, éruptions, fièvre, atteinte neurologique ~3 semaines Pénicilline G
Gonorrhée Moyennes à graves Maux de gorge, douleur, fièvre, souvent asymptomatique 2 à 7 jours Antibiotiques (ceftriaxone)
Chlamydia Moyennes Irritation, ganglions, douleur à la gorge, souvent asymptomatique 7 à 21 jours Antibiotiques (azithromycine, doxycycline)
VIH Graves Fièvre, ganglions, fatigue, infections opportunistes 2 à 4 semaines Antirétroviraux à vie

 

8 maladies que l’on peut attraper en faisant un anulingus

Hépatite A

L’hépatite A est une infection virale du foie causée par le virus HAV. Elle se transmet principalement par voie oro-fécale, ce qui rend sa transmission possible lors d’un anulingus. Après l’infection, le virus provoque une inflammation hépatique qui se traduit par une fatigue intense, des nausées, une perte d’appétit, une fièvre modérée et un jaunissement de la peau et des yeux (ictère). La maladie ne devient jamais chronique, mais elle peut être sévère chez les personnes âgées ou celles souffrant de maladies du foie.

L’incubation varie de 2 à 6 semaines. Le diagnostic repose sur une prise de sang détectant les anticorps anti-HAV. Aucun traitement antiviral spécifique n’existe : la prise en charge est symptomatique et repose sur le repos, l’hydratation et une alimentation adaptée. La prévention repose sur une vaccination efficace.

Hépatite B

Comme dans le cas de la fellation, HBV peut se transmettre par contact oro-anal si la muqueuse buccale est abîmée. L’infection entraîne une inflammation du foie avec fièvre, nausées, fatigue intense et ictère. Dans environ 10 % des cas chez l’adulte, l’infection devient chronique et peut évoluer vers une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire.

Les premiers symptômes apparaissent généralement 1 à 4 mois après l’exposition. Le dépistage se fait par analyse sanguine (antigènes HBs, anticorps anti-HBc). Le traitement est symptomatique pour les formes aiguës, et des antiviraux sont prescrits pour les formes chroniques.

Parasitoses intestinales

L’anulingus peut être un vecteur de transmission de parasites intestinaux tels que Enterobius vermicularis (oxyures) ou Giardia intestinalis. Ces infections surviennent après ingestion accidentelle d’œufs ou de kystes présents autour de l’anus ou sur les matières fécales. Elles provoquent des troubles digestifs (diarrhées, ballonnements, douleurs abdominales), des démangeaisons anales intenses et parfois une perte de poids.

L’incubation varie selon le parasite, généralement 1 à 4 semaines. Le diagnostic repose sur l’analyse des selles ou un test du scotch pour détecter les œufs. Le traitement repose sur des antiparasitaires comme le mébendazole ou le métronidazole.

Shigellose

La shigellose est une infection intestinale due à des bactéries du genre Shigella. Elle se transmet très facilement par voie oro-fécale, parfois avec une dose infectieuse extrêmement faible. Après un anulingus, elle provoque de fortes diarrhées, souvent sanglantes, accompagnées de fièvre, de douleurs abdominales et parfois de nausées. Dans certains cas, elle peut entraîner une déshydratation sévère.

L’incubation est de 1 à 3 jours. Le diagnostic repose sur une analyse de selles avec mise en culture. Le traitement repose sur la réhydratation et, dans les formes sévères, sur des antibiotiques.

Salmonellose

La salmonellose est une infection intestinale provoquée par des bactéries du genre Salmonella, également transmissible par voie oro-fécale. Après un anulingus, elle se manifeste par des diarrhées, des douleurs abdominales, de la fièvre, des nausées et parfois des vomissements. Bien que généralement bénigne, elle peut être grave chez les personnes immunodéprimées.

L’incubation varie de 6 à 72 heures. Le diagnostic repose sur une coproculture (analyse bactériologique des selles). Le traitement consiste en une réhydratation et, dans certains cas, des antibiotiques sont prescrits.

Syphilis

La syphilis, causée par Treponema pallidum, peut également se transmettre par contact direct avec une lésion sur la région anale. L’évolution est identique à celle décrite précédemment : apparition d’un chancre environ 3 semaines après l’exposition, suivie de phases secondaires et tertiaires si l’infection n’est pas traitée.

Le diagnostic repose sur des tests sérologiques. Le traitement repose sur la pénicilline G, qui guérit l’infection s’il est administré à temps.

Herpès

Le virus de l’herpès (HSV-1 ou HSV-2) peut infecter la bouche après un anulingus, même sans symptômes visibles chez le partenaire. Des cloques douloureuses ou des ulcérations peuvent apparaître autour de la bouche ou sur la muqueuse buccale, accompagnées de fièvre et d’une sensation de brûlure.

L’incubation est de 2 à 12 jours. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, un test PCR. Les antiviraux réduisent la durée et l’intensité des poussées.

VIH

La transmission du VIH lors d’un anulingus est rare, mais elle reste théoriquement possible si la muqueuse buccale est lésée ou si le sang est impliqué. L’évolution et les symptômes sont identiques à ceux décrits pour la fellation : fièvre, ganglions, fatigue entre 2 et 4 semaines après l’exposition, puis phase silencieuse pouvant durer plusieurs années.

Le dépistage repose sur un test sérologique ELISA ou un test rapide. Le traitement repose sur les antirétroviraux à vie.

Tableau récapitulatif – Maladies associées à l’anulingus

Maladie Conséquences sur la santé Symptômes principaux Temps avant apparition des premiers symptômes Traitement principal
Hépatite A Moyennes à graves Fatigue, nausées, ictère, fièvre 2 à 6 semaines Traitement symptomatique, vaccination
Hépatite B Graves Fatigue, nausées, ictère, complications hépatiques 1 à 4 mois Antiviraux ou traitement symptomatique
Parasitoses Légères à moyennes Démangeaisons anales, diarrhées, douleurs abdominales 1 à 4 semaines Antiparasitaires (mébendazole, métronidazole)
Shigellose Moyennes à graves Diarrhées sanglantes, fièvre, douleurs abdominales 1 à 3 jours Réhydratation, antibiotiques
Salmonellose Légères à moyennes Diarrhées, fièvre, nausées, douleurs abdominales 6 à 72 heures Réhydratation, antibiotiques si nécessaire
Syphilis Graves Chancre, éruptions, fièvre, atteinte neurologique ~3 semaines Pénicilline G
Herpès Moyennes Cloques, ulcérations, fièvre, récurrences 2 à 12 jours Antiviraux (aciclovir, valaciclovir)
VIH Graves Fièvre, ganglions, fatigue, infections opportunistes 2 à 4 semaines Antirétroviraux à vie

Lexique

  • IST : maladies infectieuses qui se transmettent lors de rapports sexuels par des virus, bactéries ou parasites.
  • muqueuse : fine couche de tissu humide qui tapisse la bouche, les organes génitaux et l’anus, et par laquelle les germes peuvent pénétrer.
  • incubation : période entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes.
  • latence : phase silencieuse où l’infection persiste dans l’organisme sans signe visible mais peut encore se transmettre.
  • chancre : petite lésion souvent indolore au point d’entrée du germe, typique du début de la syphilis.
  • charge virale : quantité de virus présente dans le sang, indicateur du niveau de contagiosité et de l’efficacité du traitement.
  • test sérologique ELISA : analyse de sang qui détecte des anticorps et parfois des antigènes pour diagnostiquer des infections comme le VIH.
  • test rapide TROD : test d’orientation diagnostique donnant un résultat en quelques minutes, souvent à partir d’une goutte de sang ou de salive.
  • PCR : technique de laboratoire qui amplifie le matériel génétique d’un microbe afin de le détecter avec une grande sensibilité.
  • prélèvement pharyngé : échantillon prélevé au fond de la gorge avec un écouvillon pour rechercher des germes.
  • voie oro-fécale : mode de transmission où des microbes provenant des selles atteignent la bouche via les mains, les objets ou certaines pratiques sexuelles.
  • coproculture : culture de selles en laboratoire destinée à identifier les bactéries responsables d’une diarrhée.
  • ictère : coloration jaune de la peau et des yeux liée à un dysfonctionnement du foie.
  • antirétroviraux : médicaments qui bloquent la réplication de rétrovirus comme le VIH et se prennent au long cours.
  • antiviraux : médicaments qui freinent la multiplication des virus et réduisent la durée des symptômes sans éliminer définitivement l’infection.

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